MOT DU DIRECTEUR GÉNÉRAL de L’ANSICE

Abdel-Nassir Mahamat Nassour

DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L’ANSICE

Quel bilan faites-vous des activités et des missions de l’ANSICE en cette fin d’année 2020 ?

Dans l’ensemble, nous estimons que le bilan est assez positif. Nous avons subi, comme tout le monde, les conséquences de la pandémie du Covid-19. Plus spécifiquement, c’est notre volet sensibilisation et formation du public à la cybercriminalité, à la cybersécurité et à la protection des données personnelles qui a subi de plein fouet ces conséquences. Nous comptons nous rattraper le plus tôt possible, dès que les conditions sanitaires le permettront. En attendant, cette année aura surtout permis de nous focaliser sur nous-même, en tant qu’institution. C’est la base. Et sans une base solide, on ne peut rien construire qui soit pérenne et efficace.

Que pensez-vous de la censure des réseaux sociaux, et particulièrement de Whatsapp, consécutive à l’affaire du Champ de Fil ?

C’est une décision malheureuse mais nécessaire, relevant de la sécurité publique et de l’intérêt général. La situation l’exigeait, au vu des tensions intercommunautaires que cette affaire a suscitées. Nous avons tous été témoin des propos à caractère tribaliste et haineux qui se diffusaient alors à travers les réseaux sociaux, et particulièrement Whatsapp. De tels comportements sont inadmissibles et constituent d’ailleurs des infractions que le législateur tchadien n’a pas manqué de sévèrement sanctionner.

Qu’est-ce que l’ANSICE prévoit de faire contre la dérive des tchadiens sur les réseaux sociaux ?

Nous sommes entrain de mettre sur pied les unités de la Cellule de Lutte Contre la Cybercriminalité. Lorsque celles-ci seront totalement opérationnelles, vous pouvez rester assurés que ce sera la fin de la récréation. Nous instaurerons une politique de zéro tolérance, parce que trop c’est trop, il faut le dire ! Tous les auteurs de propos à caractère raciste, tribaliste, haineux et autres cybercriminels seront irrémédiablement identifiés et traduits en justice.

Avez-vous d’autres projets structurant pour le cyberespace tchadien ?

Nous en avons plusieurs. Avec la construction de notre siège qui touchera bientôt à son terme, nous pourrons finalement initier le projet PKI (public key infrastructure ou infrastructure de gestion de clés publiques) si essentiel à l’instauration de moyens de communications fiables et sécurisés. Parallèlement, il y a le projet de mise en place du CERT National, qui est le Centre National de réponses aux incidents informatiques qui suit son cours, ainsi que l’élaboration d’un Guide National pour les Audits de Sécurité des Systèmes Informatisés, et bien d’autres, qu’il serait long de citer ici.

Quel conseil donnerez-vous à nos jeunes citoyens, eux qui sont si versés dans les technologies de l’information et de la communication ?

J’appelle les jeunes à se comporter dans le cyberespace comme ils devraient se comporter dans la vie réelle. Ce n’est pas parce que le cyberespace est virtuel qu’il s’agit d’un espace de non-droit. Ce n’est pas aussi pour autant qu’il s’agit d’un espace sécurisé. Alors, soyez toujours respectueux de vos interlocuteurs. N’insultez personne et ignorez ceux qui vous insultent. Exprimez-vous librement, mais ne vous laissez aller ni à l’apologie de la violence et du terrorisme, ni à la diffamation et à la diffusion de fausses informations. Concomitamment, restez toujours sur vos gardes. Le cyberespace est loin d’être un espace sécurisé. Il abonde de criminels et de prédateurs qui n’hésitent pas à retrouver leurs interlocuteurs virtuels dans la vie réelle. Alors, en résumé, respect et vigilance en toute circonstance !

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